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Mardi 09 Septembre 2008 |
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Geoffroy-Guichard : le stade glorieux (1931-1979) |
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Si la mythologie stéphanoise existait, le stade Geoffroy-Guichard pourrait en être un des théâtres majeurs : rugby, Tour de France, Mekloufi, Keita, Split, Kiev... Des générations de stéphanois y ont vibré. Petite visite dans le temps.
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41 000 m2 d’anciens terrains marécageux minés d’anciennes galeries, tel est l’objet de l’acte de vente du 19 mai 1930. La duchesse de Broglie vend un terrain situé au nord-est de la ville, presque à sa sortie, à la société ADOSIA dont un administrateur est le président du Conseil d’administration de Casino… un certain Geoffroy Guichard. Jouxtant le terrain, les Aciéries de Saint-Etienne, l’usine à gaz, la voie de chemin de fer, les puits de mine : l’ambiance est posée. Reste à construire un stade.
Une souscription publique est lancée par les « Amis du sport ». Les amateurs de sports et surtout le monde des industriels locaux lèvent 600 000 francs en quelques semaines. Le stade est inauguré le 13 septembre 1931. Au programme athlétisme, football et rugby, le sport local le plus important. Footeux comme rugbymen s’inclinent dans leur rencontre respective. Long de 100 mètres, large de 66, le terrain est ceinturé d’une piste d’athlétisme. Plus loin figurent terrains de basket, volley, sautoirs : Geoffroy-Guichard, loin de l’image contemporaine, n’est pas qu’un stade de football mais est omnisport. « C’est un stade à l’antique, un modèle de base. Il n’y a pas vraiment un projet d’ensemble. Un peu à l’image de Saint-Etienne, il va évoluer au fil des années en fonction des besoins et non pas pour être un monument beau », précise Cendrine Sanquer, animateur du patrimoine au service Ville d’art et d’histoire de la Ville de Saint-Etienne. Une tribune de 800 places ainsi qu’un plan incliné qui court autour de l’espace de jeu accueillent les 10 000 (potentiels) spectateurs. En 1936, deux buttes sont montées avec des remblais derrière les cages puis deux ans plus tard, une tribune latérale est construite en bois : la tribune Henri Point. Pendant la guerre, des manifestations gymniques s’y déroulent. Le contre-la-montre décisif du Tour de France 1955 arrive sur la piste du stade. Louison Bobet gagne devant des tribunes combles et remportera la Grande Boucle.
1957, le premier titre, la Coupe d’Europe. Si l’équipe championne est jeune et gaillarde, le stade vieillit. La Société forézienne de travaux publics dirigée par Roger Rocher rase la piste d’athlétisme, rapproche le public de l’aire du jeu et par conséquent, supprime les virages, terme désormais complètement inadéquat voire inusité à Saint-Etienne. Geoffroy Guichard est à partir de 1957 un stade de football, un stade à l’anglaise. Et surtout un stade à rénover, agrandir, moderniser.
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Un bâtiment public
Un stade coûte cher tant en investissement qu’en fonctionnement. La Société anonyme immobilière du stade Geoffroy Guichard ne peut y faire face et le rachat par la Ville est une idée dont on parle depuis plusieurs années et qui va se concrétiser en 1965.
La municipalité débourse 1 514 373 francs et s’engage à louer le stade un franc par an à l’ASSE et ce pour un bail de 30 ans. La vente comporte une condition pour la municipalité dirigée par Michel Durafour : investir. Il faut surtout améliorer l’existant et le premier travail est de reconstruire la tribune Henri Point, qui faite de bois a plus mal vieilli que la tribune d’honneur, la seule d’origine.
Mais avant, il convient d’éclairer Geoffroy-Guichard, le championnat de France se jouant en nocturne à partir de 1965. L’entreprise allemande Ott remporte le concours d’appel d’offre. Elle édifie les quatre pylônes mythiques à chaque angle de la pelouse. L’éclairage électrique inaugure les grands investissements qui vont transformer le stade en outil moderne et accessoirement en chaudron.
L’ingénieur divisionnaire est très clair. Lors de sa visite technique de septembre 1965, il préconise l’interdiction de l’accès à la tribune Henri Point : ses escaliers sont pourris ! Le stade connaît sa révolution en 1968, faute de pavés parisiens, c’est de la terre, des cailloux qu’on soulève, qu’on déplace et sur lesquels on construit en béton et en ferraille. Le 30 janvier 1969, le stade est beau comme un sou neuf : la tribune Henri Point est refaite complètement, ses homologues derrières les buts sont couvertes. La capacité est portée à 39 570 spectateurs. Est-il beau ? Pas vraiment, la tribune d’honneur en béton blanc ne va pas avec les trois autres tribunes en tôles. Toujours selon Cendrine Sanquer, « en fonction des évolutions successives, on applique les procédés, les techniques les plus en pointes comme les panneaux photovoltaïques en 2007. De ce fait, il n’y a pas vraiment d’unité architecturale. » Qu’importe. Vu de loin ou des airs, le stade paraît, à défaut d’être immense et monumental, replié sur lui-même, comme emprisonnant les gladiateurs en crampons. Les clameurs du public ne semblent pouvoir s’échapper de cet amas de tôles et s’acharnent sur l’adversaire : le chaudron, expression née au lendemain de Split en 1974, est là.
Les joueurs jouent à Geoffroy-Guichard, s’entraînent à proximité tandis que personnel et dirigeants travaillent rue de la Résistance, en centre-ville. Rocher veut rassembler tout le monde et créer un outil moderne de travail. Ce bel instrument, c’est le siège administratif fini en 1972. Construit au dos de la tribune d’honneur, invisible du terrain, le bâtiment a une façade de verre et une architecture spectaculaire pour l’époque. Le rez-de-chaussée est un espace de passage pour les visiteurs, le personnel, les joueurs. Le premier étage est composé des bureaux du personnel. Au second se trouvent une salle d’honneur et des trophées, une salle de restaurant de 50 couverts et un bar. Car on accueille des invités de marque qu’il faut choyer : personnalités locales, politiques, sponsors. L’ASSE Entreprise a un bel outil pour ses ambitions. Enfin, le dernier étage matérialise la priorité du club du début des années 70 : les jeunes. Le centre de formation couve là les petits poussins qui vont bientôt éclore en France et au delà. Le stade rassemble tous les composants du club.
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Article publié le 09/09/2008 à 18:36
Auteur : Grégory Charbonnier
Crédits photos : Archives municipales de Saint-Etienne |
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